25 mars 2015 ~ 0 Commentaire

Service Cartes Grises.

Pour revenir sur les bons éléments qui occupaient souvent des postes de base dans la structure, il en fut un qui n’hésita pas à bousculer les choses à son bas niveau. Il avait commencé simple magasinier sur mon dépôt de rattachement, et avait toujours manifesté son envie de progresser vers un poste de commercial parce qu’il se sentait au fond de lui disposé à un tel quotidien. Déjà, en tant que sédentaire il lui arrivait de prendre la responsabilité du site de stockage en cas d’absence de son responsable, et il se permettait alors de faire progresser le chiffre et ainsi assurer les primes de celui qui n’avait que pour lui du mépris. En effet, si son comportement était le reflet de l’état d’esprit dont les cadres étaient conditionnés durant leurs réunions, il surperformait à se voir bien haut dessus de tous même si au final misérables que nous étions nous lui garantissions son salaire chaque mois par notre dévouement. Parce qu’en plus de développer la facturation à cette occasion, son employé avait un tel relationnel et une telle envie d’apprentissage que les clients le lui rendaient assurément.

Alors devant l’impasse et s’entendant régulièrement dire qu’il ne serait toujours bon qu’à faire le larbin de ses chefs, il provoqua le directeur régional de cette époque et lui signifia comme la loi lui autorisait, vouloir prendre un congé sans solde durant un an. Visant un poste de commercial donc qui ne lui serait jamais accordé, il eut un minimum de bon sens pour attendre à distance que le ciel s’éclaircisse, et qu’une place se libéra plus tard. Evidemment la démarche devait être une première, et par la suite servirait de marqueur à ce supérieur lorsqu’il faudrait lui trouver des lacunes pour le congédier, mais l’entreprise au terme d’une procédure compliquée du lui reconnaître ce droit. Même si sur le moment on essaya de lui montrer la sortie tout court. Ainsi il prit congé juste avant 2011, et laissa sa place à un phénomène. Ou plutôt une erreur, une de plus.

Par connaissance le chef de dépôt recruta un nouveau magasinier, qui juste avant devait vendre du vin si mes souvenirs sont bons. De ce que j’entendis de sa personne, tous laissaient insinuer que nous avions à faire là à un intellectuel, et qui disposant d’un cerveau parfait comblerait forcément les incompétences de ses prédécesseurs, ou tout du moins de celui d’avant. Une lumière débarquait chez les demeurés que nous étions, en somme l’agence était sauvée. Nous avions presqu’envie d’être révérencieux en sa présence tellement il serait capable un jour de tous nous diriger.

Il resta un an magasinier. Un an à enchaîner les conneries, et une réelle incapacité à assurer la moindre opération de base. L’intellectuel était surtout un parfait handicapé du travail. Ce qu’il faisait de bien, il mettait des heures à l’effectuer, qui plus est sans aucune conciliation pour le client. Nous avions ainsi embauché sans le savoir, le fils adoptif du chef de dépôt qui depuis toutes ces années parlait aux clients comme à des chiens. Il y avait un nid de ce qui se faisait de mieux pour un service cartes grises en ces lieux, et l’interlocuteur se présentant hésitant recherchant ainsi des conseils se voyait expédié parce qu’il (ou ils) n’avaient pas de temps à perdre avec des amateurs. Quand il disposerait du bon document, il était ainsi invité à revenir, mais pas avant. Et ces deux débiles riaient de se voir obéis d’individus qui tête baissée repartaient pour ne jamais revenir, cela va sans dire. Le Stagiaire avait disparu mais le chef d’agence par intérim ne jugeant que par la tenue du dépôt pour se satisfaire de la valeur de son cadre, convenait que l’éternelle baisse de chiffre était forcément due aux itinérants qui comme dans toutes les entreprises semblables bullaient de leurs journées. C’est bien connu. Cette année-là je continuais à reporter mes affaires sur le magasin où un nouveau chef avait été nommé, tout aussi compètent que celui d’avant qui héritait en récompense d’un plus gros site, en l’occurrence le principal du département.

Le plus extraordinaire est que chaque soir quand son supérieur était absent, le site ne fermait pas avant dix huit heures voir plus. Tant d’heures supplémentaires pour finalement voir son équivalent hurler à découvrir le travail bâclé ou partiellement effectué à son retour. Ce manque d’organisation m’aida ponctuellement il faut dire, puisqu’il m’arriva de venir prendre du matériel bien après l’heure de fermeture pour livrer sur un chantier. Je revois le client me téléphonant alors que j’étais stationnée dans la rue perpendiculaire, et s’impatientant à me voir venir. Seulement en liaison cellulaire avec l’incompétent du dépôt, j’attendais expressément que la Bourgeoise quitte les lieux pour remplir le coffre de la C3. Je savais que Françoise me croisant allait faire obstruction dans ce service qui était somme toutes la base de ma fonction, et qu’ainsi je serais incapable d’assurer mon relationnel. Perdant toute crédibilité dans la foulée donc. J’expliquais la situation à mon débiteur, et comme beaucoup depuis toutes ces années il ironisait à me demander si nos chefs avaient vraiment conscience d’être dans une fonction commerciale. En d’autres termes nos clients comprenaient depuis toujours que nous nous étions transformés en une grosse administration.

Plus tard, lui aussi eut son anecdote qui me reste encore en travers à ce jour. Alors que le chef de dépôt était en formation sur le site principal, je lui téléphonais pour qu’il me confirme la disponibilité du camion afin d’assurer une livraison le lendemain. Il était alors hésitant puisque sa fonction de magasinier ne lui permettait pas d’organiser les aller et venues à cet effet, mais devant l’absence d’obligations ce jeudi il accepta malgré tout. Je lui expliquais transmettre par fax depuis le magasin l’après midi le bon de commande avec le numéro de téléphone pour informer le client. Seulement pourquoi faire aussi simple quand on peut faire compliqué ?

Son supérieur réembauchant au matin et découvrant ma livraison, décida de ne rien en faire et envoya le camion chercher du matériel sur un autre dépôt. Du matériel relevant d’une simple cession sans réel impératif de délai. Pour une raison que j’ignore encore quatre ans après, il ne voulut pas honorer cette commande, et toute la matinée alors que le client attendait à la première heure sa marchandise je ne savais quoi lui répondre quand il me téléphonait. Ainsi sentant la défaillance qui me reviendrait assurément en pleine face, j’en informais mon chef des ventes. Il faut dire qu’à cette époque, et depuis près de deux ans, chaque fois que j’avais recours bien malgré moi à mon dépôt de rattachement (puisque pour rappel je travaillais à privilégier le magasin bien plus professionnel), je m’efforçais d’en référer à celui-ci parce que je savais qu’à l’autre bout un se ferait un plaisir jouissif à faire barrage. Et une fois de plus il s’y exerçait. A cette minute, il faut vraiment imaginer la débilité de la situation. Je suis la commerciale d’un négoce perdu dans une zone industrielle et qui a toujours vécu par ses livraisons et peu de ses enlèvements au comptoir, et le responsable de ce site s’oppose à la sortie de marchandises et considère les clients comme des moins que rien… Comment alors travailler dans de telles conditions ? Sachant qu’il était le premier à pleurer auprès de la Bourgeoise de ne pas me voir le visiter plus souvent à son dépôt, alors qu’à la moindre occasion il me mettait des battons dans les roues. Et en plus se pénalisait lui même dans son chiffre…

Bienvenu chez nous, donc.

Mon quotidien consistait donc à doubler les documents communiqués à mon dépôt, pour en informer mon supérieur. Qui le moment opportun expliquerait que celui-ci était forcément au courant. Seulement, il faut l’avoir vécu pour le croire, mes bons de commande étaient explorés à la loupe pour trouver le défaut qui justifiait l’absence de suite. On croyait rêver lorsque le chef d’agence du moment, Françoise la Bourgeoise, allait en plus dans ce sens ! Chaque fois un client insatisfait quittait notre enseigne pour des conflits internes qui ne le concernaient en rien. Et chaque fois était tranché le litige à l’avantage de ma verrue car l’administratif prenait toujours le dessus sur le sens commercial. Le cadre qui m’avait recrutée à mes tous débuts avant mon arrivée dans le sud, m’avait toujours dit être étonné de la précision et de la rédaction de mes documents à cet effet, prenant même la liberté de me montrer en référence à ses commerciaux de vingt ans d’ancienneté. Et subitement on me disait que je n’étais pas assez précise, alors qu’à une époque les nouveaux itinérants embauchés sur d’autres départements tournaient en ma compagnie sur plusieurs jours parce que j’étais vue comme un exemple !

Pour revenir à l’anecdote initiale, par téléphone en présence du chef d’agence et de mon supérieur direct, il fut demandé en quelles circonstances avait été organisée la livraison. Et le magasinier à l’autre bout du fil déclara ne m’avoir jamais dit qu’il livrerait ce matin-là. Il allait sans dire que son chef de dépôt était face à lui à ausculter ses mots, et qu’une fois de plus mon secteur s’enfonçait. Mais du moment que les feuilles roses étaient rangées dans les classeurs roses…

Seulement l’histoire ne s’arrêtait pas là. Lorsque nous en tenions un bon, il était de coutumes de le garder !

Douze mois passèrent bien lentement, et le congé sans solde de l’un arriva à échéance. Ce fut alors l’occasion pour l’imbécile de se débarrasser de son jumeau. Car même avec le si peu de considération qu’il avait du précédent, ce dernier était encore bien plus capable que ce copain qu’il avait fait rentrer finalement. Et un boulevard se présenta de façon inespérée. A cette même date le magasin qui était rappelons-le la référence en marge au niveau national, voyait son chef partir, lassé d’une si grande pression administrative alors qu’il avait explosé son chiffre depuis un an. Il va sans dire que les visites de Françoise pinaillant pour la moindre poussière y avaient grandement contribué. Il sortait ainsi par la porte tête bien haute, de ce que même avec ma collaboration, il avait su construire de sa sueur assurément. L’intellectuel entra alors en scène, pour de plus belles.

J’ai souvenir que dés le mois de février je faisais écho à Princesse, qui avait pris le relais donc, des remontées négatives que j’avais de mes clients. Comme à son habitude, avec ce sourire en coin qui donnait toute l’étendue de sa franchise, il me signifiait que j’étais mauvaise langue. Et comme par la suite j’étais accusée de vol, je lui faisais part que je ne voulais plus entendre parler de ce magasin. A mes dépends donc. Parce qu’il ne fallait pas être fin psychologue pour comprendre que l’un avait balayé le boulet d’un rapide revers en indiquant à force de qualificatifs des plus valorisants, qu’il était tout à fait capable d’assumer le rôle. Se libérant ainsi d’une source d’ennuis permanente, et surtout la reportant à mes yeux sur mon principal site de facturation. La débilité se répandait alors partout sur mon secteur, et attendu que fin 2011 des clients avaient commencé à m’être soustraits, il allait être de plus en plus compliqué de travailler correctement. Ce que je m’efforçais de promouvoir depuis six ans au dépend de mon dépôt de rattachement, allait être infecté par une incompétence flagrante. Chacun, quelque soit son statut de simple salarié ou de cadre, savait pertinemment que tout ceci courait vers la catastrophe, car même sans l’avoir croisé physiquement une majorité sur l’agence ne voulait pas avoir à faire à lui. Le pire étant qu’il était embauché en contrat à durée déterminée pour un an en remplacement donc, il put signer définitivement sur un poste qui était complètement inadapté à son profil. La Bourgeoise pliant bagages pour retourner à ses montagnes, s’était bien gardé d’expliquer à son remplaçant la vraie nature du jeu de chaises musicales.

Ainsi il reproduit à l’identique la culture qu’il tenait de son frère de connerie. Secondé par un jeune magasinier tout juste sorti des jupons de maman, et sans réelle initiative puisque d’un sens sa fonction n’en réclamait pas, nous avions là une équipe de choc. Et les effets se firent sentir très rapidement puisque tout de suite les transactions ralentirent donc, et même si d’année en année la crise mondiale avait un peu plus d’impact sur la région. Dénué de conciliation et de vrai professionnalisme vis à vis de la clientèle, celle-ci ne tarda pas à se faire moins présente sur notre site; et comme l’autre lui avait si bien appris, le moment venu de justifier tout ceci se ferait bien sûr sur le dos des commerciaux. Ainsi, par mon jugement sans appel, durant un an je n’entendais que des bruits lointains à ce sujet. Mes supérieurs connaissaient mon opinion depuis toujours, et comme on devait leur avoir appris à certains rassemblements, ils enfouissaient bien profond leur tête dans le sol en espérant devoir rendre des comptes le plus tard possible. Ou peut être cet éternel principe à toujours côtoyer plus nouille que soi, pour se raccrocher.

La baisse continue des résultats sur le secteur serait déviée par le chef d’agence sur l’autre responsable qui gérait les commerciaux, ce dernier comme de raison dirait-on se servirait de ses fusibles tous désignés, et si les itinérants n’avaient pas le dos assez large au moins un second sédentaire pouvait servir de prétexte. Ainsi, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais il n’en demeurait pas moins que chacun devant si peu d’esprit d’entreprise se demandait ce qu’il pouvait se raconter en réunion DR. Surtout que nous attendions énormément de la mutation de l’espagnol pour faire bouger les lignes à force de pragmatisme, et il n’en fut rien nous faisant réaliser que pour perdurer il faudrait à nouveau user de la lèche comme toujours. Un état d’esprit que même les très anciens s’évertuaient à pratiquer.
Dix huit mois passèrent donc, jusqu’en juillet 2013. Et quand il quitta le poste de chef de magasin ce ne fut aucunement parce qu’un éclair de lucidité avait touché nos cadres qui avaient décidé de se faire violence, ou tout du moins décidé de faire prospérer leur agence. Le virage ne vint pas plus du nouveau DR nommé depuis moins d’un an et que j’avais croisé à peine deux fois, et en dehors de mon département en plus. Je dus à ce moment-là mon salut à un départ, qui allait une fois encore activer le jeu de chaises musicales. J’aurais aimé écrire que les clients furent étonnés à m’entendre dire où il allait atterrir après avoir tout cassé  sauf son incompétence, mais d’étonnement il ne fut rien. Ils éclatèrent de rire tout simplement lorsque je leur expliquais que le chef de dépôt qui l’avait formé donnait sa démission et qu’il allait prendre la suite…

Du grand art. De la promotion bien de chez nous ! Mais la note mortelle à cette particularité était que tout l’organigramme était à cette image. Et pas uniquement d’un point de vue local ou régional. Comme dans l’administration on récompensait les incapables. Et il semblait que la direction comme les antennes régionales y allaient toutes en cœur, fières de piétiner la main qui les nourrissait.

Surtout, intervenant en plein été, il fallait absolument trouver une alternative parce que le compte à rebours était lancé pour l’un d’entre nous. Le chef d’agence ne voyait aucun inconvénient à promouvoir un élément déjà faillible à un simple poste de magasinier vers une fonction de responsable de dépôt avec à sa charge l’organisation de livraisons qu’il ne connaissait nullement. En plus, récupérant un chauffeur syndicaliste comme il faut, avec lequel son prédécesseur commençait à essuyer les plâtres en vain, ainsi qu’un magasinier poussé d’un vent calme et butté. Il faut préciser que le franc du collier trainait déjà une belle casserole à cet instant au travers du commercial qui avait disparu avec son véhicule depuis deux mois, sans parler de cet autre qui était embauché pour la troisième fois en deux ans faute de trouver du personnel compètent donc. Je revois à ce propos le chef des ventes me dire qu’il n’était pas du tout son choix, mais qu’à ces niveaux de salaire il ne pouvait rien s’offrir d’autre. Pas non plus besoin de s’étaler sur les performances du département en chiffre d’affaires sur ces deux dernières années, car là nous avions la totale. Ou au mieux du lilliputien.
Ce qui n’empêcha pas le siège de le nommer à une direction régionale, mais avant cela il prit bien soin de dissimuler sous le tapis cette grosse bouse que finalement lui aussi avait déjà subie à sa mutation. Une bouse parmi d’autres plus administratives qu’il s’était engagé auprès des clients à solder et dont les dossiers resteraient introuvables bien après son départ. D’un chef d’agence à l’autre on se repassait les boulets, pourvu qu’entre deux on se soit dressé un lit douillet en d’autres cieux.

Un chef magasinier détaché du site principal fut affecté au poste vacant du magasin, et l’intellectuel retourna donc à ses murs d’origine. Il allait sans dire qu’il était question d’évolution dans l’échelle de responsabilité, et de ce fait dans la graduation des salaires. Le niveau qui suivait le désignerait cadre et à ce stade rien ne nous aurait plus du tous étonnés. Nous atteignions alors des sommets d’incohérences dans les décisions, et au regard de l’approche de nos supérieurs concernant le quotidien, rester pour un commercial le téléphone coupé toute une journée aurait fait office de simple oubli. Tout était donc pardonnable. Sans le savoir nous étions tous devenus salariés d’une mairie, et si l’envie nous prenait de rester assis toute une journée, les chefs n’y verraient pas d’inconvénients.

En dehors d’essayer de faire son travail quand il revint à ses origines, il fut une chose que le chef d’agence lui demanda de corriger sans négociation possible. N’ayant pas eu gain de cause avec son père. Et vu le profil de téméraire que cette lumière nous inspirait, nul doute n’apparut qu’il ne s’y opposerait pas. Depuis quatre ans, et parfaitement à la connaissance même du précédent directeur régional puisque d’anciens collègues s’étaient fendus d’écrits le dénonçant suite à leur départ du dépôt, son jumeau avait mis à disposition un espace du bâtiment pour un transporteur. Celui-ci faisait en effet des aller et venues depuis son camion avec son chariot, et toujours s’engouffrait au fond de la réserve pour y stocker ses palettes en bois. Tous les jours le magasinier le voyait au moins deux à trois fois. Ainsi depuis tout ce temps un accord officieux en numéraire avait été conclu avec le cadre, et il était bien évident que les différents chefs d’agence en avaient parfaitement eu écho. A fortiori, durant ses vacances, il laissait la place à ceux-ci derrière son bureau et ils remarquaient bien évidemment le manège régulier du transporteur. Bien mal venu aurait été de s’en offusquer, puisque déjà les régulations de stock effectuées ponctuellement étaient surtout matière à gommer les fournitures disparues par malchance sur cette agence (…). Quittant mon nord rigoureux, et bien loin de ces libertés immorales, les fois où je m’en étais étonnée voyait mon interlocuteur relativiser en me disant que ces pratiques étaient répandues sur tout le réseau, et que si je ne m’y étais jamais pliée c’était parce que j’étais l’idiote du village en somme…

Les performances du dépôt étaient déjà misérables qu’elles allèrent en empirant. Des remarques de lassitude comme d’indisposition à renseigner les clients virent un peu plus le jour, et très vite la médaille du pire lui fut décernée. A l’image du magasin où il était déjà chef, il se mettait en indisponibilité régulièrement et il arriva que sur un seul mois il ait davantage d’arrêts que de jours travaillés. En fait il ne fut ni plus ni moins qu’à la hauteur de ce que nous espérions de lui. Et heureusement que le magasinier qui avait beaucoup de défauts lui aussi était là pour combler le manque, car il n’aurait pas fallu grand chose pour que ce site n’ait en personnel qu’un chauffeur encarté de vraiment disposé. L’espagnol avait tourné les talons pour passer la tuile en intérim (une fois de plus) à un chef d’agence bien plus proche, qui devait se féliciter de devoir se pencher sur les problèmes d’effectifs sur notre secteur car le sujet des objectifs étaient alors bels et bien à la charge de mon supérieur direct. Un moindre mal alors pour notre nouveau responsable. Cette grande cours de récréation demeurait comme elle avait toujours été depuis juillet 2009, et les guignols en ayant pris chaque fois la responsabilité allaient continuer à bien nous faire rire.

A peine un an plus tard, au premier juillet 2014, pressé de toutes parts face à un chiffre qui avait été divisé par plus de deux en vingt quatre mois, l’intellectuel enchaîna les entretiens avec nos planqués qui avaient décidé de se lever les fesses de leur tour d’ivoire. La date a son importance car en quinze ans ce fut la seconde fois où je les vis s’amuser aux chefs bien utiles (avec celle où le Stagiaire fut éconduit). Autant dire très impressionnant comme nous n’en fûmes pas habitués.

Conciliant mais pas plus égaré qu’il pouvait le laisser entendre, il demanda à occuper une fonction de chauffeur magasinier, mais demeurant dans l’entreprise et localement. Abandonnant volontiers sa place à celui qui avait pris un congé sans solde bien avant pour se tester au poste de commercial TP, et qui sentant à raison le vent tourner avait réclamé une place de sédentaire presque trois ans après. L’ironie de l’histoire fut qu’après toutes ces contrariétés, pour ne pas utiliser un autre mot, le directeur régional accepta de créer un poste sur mesure au magasin afin qu’il débarrassa le plancher. Il allait sans dire qu’un troisième salaire sur ce site alourdirait un peu plus les charges, donc les objectifs des commerciaux. Objectifs qui déjà depuis trois ans étaient inatteignables. Par cet unique exemple, comme d’autres auraient pu allègrement l’illustrer, nous observions le fonctionnement parfait de la société d’aujourd’hui qui chaque année s’étonnait à afficher des résultats diminuant au niveau national. Mais il avait au moins eu le privilège de nous montrer nos élites mouiller la chemise. Si-si !

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